La ferme de Bannière vendue La Légion malvenue La lutte continue

Que disait le commandant de la Légion étrangère à propos de la contestation contre son installation à Saint-Jean du Gard ? « « On ne lâchera le domaine que dans des conditions de paix qui assureront la sérénité à l’environnement ». Bien que le mouvement d’opposition exprime clairement que l’Armée n’est pas la
bienvenue en Cévennes, la ferme de Bannière a été vendue le 7 juillet 2022 pour la Légion.
Que de mensonges avons nous entendus !

Depuis qu’il est connu que le ministère des Armées projetait d’acheter cette ferme, les habitants de Saint-Jean du Gard et de la région ont fait face à un tissu de mensonges qu’il a fallu patiemment contredire.
Entre les vendeurs, la Safer, le maire, le président de l’agglo, le Sous-préfet et la légion étrangère, tous se sont donné le mot pour tromper l’opinion. Tous affirmaient qu’il ne s’agirait que d’une « maison de repos » pour légionnaires de retour d’opérations et d’accueil de leurs familles.
Toutefois il s’est avéré que l’installation dans la ferme du 2e régiment étranger d’infanterie (REI) basé à Nîmes s’accompagnerait d’entraînements, de manœuvres, de tirs à blanc, de marches dans les montagnes, de présence dans les villages, etc., avec un impact évident sur la vie des habitants dans cette région des Cévennes.
Pourquoi venir ici ? C’est la légion elle-même qui au moment où s’organise une opposition au projet d’implantation révèle à la presse une partie des véritables objectifs. Le commandant du 2e REI annonce début avril qu’il s’agit « de permettre au régiment de s’approprier encore davantage le département du Gard, en rayonnant vers le nord, tout en profitant de cette belle région que sont les Cévennes pour s’entraîner. » Entre la ferme de Tournemire nouvellement acquise par la 13e demi-brigade de la Légion installée sur le Larzac et celle de Saint-Jean du Gard rattachée au régiment de Nîmes, la jonction est faite. Sans oublier celles dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, en Corse.
Un autre but affiché par le commandant est de « permettre à nos jeunes chefs, notamment nos chefs de section – une quarantaine de cadres et légionnaires de pouvoir aller vivre en autonomie pendant une semaine, deux semaines, à une heure du régiment, un peu loin des chefs, ce qui les fera forcément grandir. » A la tête de détachements entre 40 et 150 personnes, ils pourront relativement librement investir les lieux.
Il n’est donc question ni de maison de repos, ni d’agriculture sur une terre pourtant agricole. La Safer qui théoriquement se porte garante de la conservation de cette vocation a tout simplement failli pour des raisons pécuniaires. Sur pression des opposants elle aurait imposé un cahier des charges prévoyant des baux agricoles sur les terres cultivables et l’interdiction de tirs, mais qui s’enquerra de son application une fois la
Légion installée ?
Nous restons mobilisés et appelons tous à continuer à s’opposer avec nous à ce déploiement militaire en Cévennes.
Nous demandons que l’Etat remette à disposition la ferme et les terres afin que des paysans s’y installent durablement.
Des actions vont se mettre en place à la rentrée, notamment sur les thématiques « pas d’armée sur nos territoires » et « les terres à préserver pour les paysans ». Vous êtes invités à venir en discuter avec nous lors d’un pique-nique géant dont la date sera communiquée ultérieurement.
Le collectif Vallées cévenoles démilitarisées vallees-cevenoles-demilitarisees@riseup.net
www.gardarem.org